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Terroir de Touraine

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Benoit Limouzin

"Nous nous attachons davantage aux retours, aux liens directs avec le consommateur, ça ne se chiffre pas"

 

 

A la Petite Carte, lieu-dit du Petit Pressigny, les 330 alpines de l'exploitation produisent du lait majoritairement destiné à la fabrication du Sainte Maure de Touraine. Benoît Limouzin a grandi aux côtés de ces chèvres, et c'est naturellement qu'il y a une vingtaine d'années, il a repris l'exploitation de ses parents avec l'aide de sa sœur Anne-Marie et de son neveu plus récemment, Charles. Pour lui, élevage rime avec partage.

 

Quelle est l'histoire du Sainte Maure de Touraine ?

 

C'est LE fromage de Touraine (dont la base reste Sainte Maure), le seul, qui se fait de génération en génération. L'histoire raconte que l'élevage des chèvres et la technique de fabrication du fromage ont été apportés par les Maures à l'époque carolingienne. La tradition fromagère a été laissée aux femmes et se transmettait de grand-mère à petite-fille.

 

Quelle est votre histoire avec le Sainte Maure de Touraine ?

 

Dans les années 1990, une poignée d'éleveurs a voulu protéger ce fromage car copié, industrialisé... Mes parents, ma mère plus particulièrement faisait partie du projet, de ce qui est devenu aujourd'hui une Appellation d'Origine Protégée. J'ai participé à l'évolution de cette certification pendant onze ans comme Président du syndicat du Sainte Maure de Touraine.

 

Vous appartenez à La Charrette, magasin de vente directe du producteur au consommateur à Chambray-Lès-Tours. Qu'en retirez-vous ?

 

L'intérêt n'était pas forcément financier. Vendre nos produits ici ou ailleurs ne change pas la donne. Nous nous attachons davantage aux retours, aux liens directs avec le consommateur, ça ne se chiffre pas. Quand on vous dit par exemple : « J'ai reçu des amis le week-end dernier, on s'est régalés ! », ça vous suffit pour la journée, vous repartez avec le sourire ! La Charrette est aussi une manière de montrer à tous les autres systèmes de distribution que nous aussi nous savons y faire, que nous aussi nous sommes capables !

 

Avez-vous un projet à l'avenir ?

 

Avant, l'exploitation était très céréalière avec quelques animaux. Il y a six ans, à l'arrivée de mon neveu en tant qu'associé, nous avons choisi de nous ré-axer sur l'élevage en conservant bien sûr des plantations pour pouvoir les nourrir. A moyen terme, le projet est de rester dans cette voie. A plus long terme, mon fils voudrait s'installer avec nous. C'est un projet qui me tient à cœur car nos parents nous ont laissé l'opportunité de nous exprimer, de nous laisser faire, j'espère que nous ferons pareil avec nos enfants.

 

Quelle est la particularité de la Touraine selon vous ?

 

Elle est riche en termes de production agricole et nous n'en avons peut-être pas assez conscience. Il y a les vignes bien sûr mais aussi le maraîchage, l'arboriculture, l'élevage, les céréales... Il y a de tout mais sans excès. On n'atteint pas les 4000 chèvres par élevage comme dans d'autres départements. Ici, on laisse encore la chance à pas mal de personnes de s'installer suivant leur projet. J'espère que l'agriculture va savoir prendre soin d'elle-même et ne pas se laisser aller à l'appât du gain.

 

Si je vous dis « Terroir » ?

 

Les rillons. Du côté des cultures ce sont les fraises.

 

Si je vous dis « Touraine » ?

 

C'est chez moi ! C'est le Sud de la Touraine et ses paysages. On a l'impression qu'il y a du monde partout parce qu'il y a de petits villages près les uns des autres. Je suis particulièrement bien dans mon exploitation. Et puis je suis né dans une zone d'élevage, c'est là où je me sens le mieux.